Dans « Kids », une de ses premières pièces, Fabrice Melquiot donnait la parole à ces adolescents, rescapés de la guerre de Yougoslavie, pueri senes ou enfants-vieillards grandis trop vite, portant à eux seuls le poids bien lourd de l’histoire. Le parti pris du Collectif « Suivez-moi jeune homme » est d’inverser la proposition et de faire interpréter ces rôles d’adolescents par des acteurs âgés de 50 à 84 ans. L’un après l’autre, ils viennent se présenter au public : « Stipan, 15 ans, cheveux ras, t-shirt maculé, short en flanelle… ». Les corps, les visages, les vêtements ont vécu. Mais c’est avec une belle énergie que les huit comédiens vont faire exister ces orphelins de guerre au parcours chaotique. Phrases qui claquent, déflagration de l’espace et de l’énonciation, tintamarre de canettes, flingue en plastique, ballon de basket, lipstick… Les portraits sont marquants, bruts et sensibles.
21 mars 2016
Pueri Senes
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Romeo, fuocoso ma non troppo
De l’oratorio vénitien longtemps oublié d’Alessandro Scarlatti, Romeo Castellucci et René Jacobs livrent à l’Opéra Garnier, pour la première fois depuis 1710, une re-création singulière. On ne sait pas grand-chose de ce « Primo Omicidio », sinon qu’il a dû être représenté en 1707 à l’occasion du carnaval de Venise et repris
11 février 2019
Beltrão déplace les frontières
Juste l’os, le nerf, le muscle. Pas de pathos, pas de gras, pas de sirop. Une ligne de lumière sur le plateau à cour et c’est presque tout. Ça glisse lentement, ça se contorsionne, ça se renverse en arrière, ça se fige dans l’obscurité radieuse au son des vibrations tranquilles
19 novembre 2018
Jules et gym
Ils sont trois – une fille, deux garçons – et ils dansent. Menée tambour battant, la chorégraphie vigoureuse de Jan Martens fait varier le chiffre trois : trois parties, trois couleurs, trois costumes. L’écriture exhibe des réitérations sérielles, disloquées ou disjonctées. Car trois, cela peut être un « deux » mettant à distance le troisième
7 décembre 2017
Danse avec les chevaux
« La chose la plus importante dans la vie, disait mon père, est d’apprendre à tomber. » S’inspirant de cette phrase du roman de Jeannette Walls « Des chevaux sauvages, ou presque », la chorégraphie des Flamands Joke Laureyns et Kwint Manshoven parle de la confiance réciproque, de l’individu et de la communauté, des
21 novembre 2017
Au bout de leur peine
Ils sont cinq, debout, côte à côte, surgissant d’une nuit profonde. Ils racontent la prison. Construit à partir de la parole d’anciens détenus ayant accompli de « longues peines », le spectacle de Didier Ruiz nous bouleverse et ne nous lâche jamais. André, Éric, Alain, Louis et Annette, sa compagne. Ils n’étaient
19 octobre 2017




