7 octobre 2016

Rencontre avec un homme hideux

Rencontre avec un homme hideux
David Foster Wallace | Rodolphe Congé
(c) Laura Bazalgette

Rencontre avec un acteur sonorisé qui utilise un prompteur… Cela laisse songeur. Faut-il un micro pour que la voix nous semble intérieure ? La mémoire étant bannie de notre époque dite moderne, l’acteur doit se servir d’un moyen moderne pour s’épargner l’épreuve de la confiance en sa mémorisation? Certes la sonorisation est subtile, mais elle n’oblige pas l’acteur à s’extérioriser. Alors très vite, la salle dort, tranquillement. Le texte est là, certes, nous en reprenons le fil à chaque réveil et il semble beau, intéressant. Malheureusement, Rodolphe Congé ne nous raconte rien de cette empathie dont il parle dans son programme. Il joue la prétention de celui qui sait, c’est extrêmement désagréable. On décroche vite et la rencontre n’aura lieu qu’à la dernière minute du spectacle où enfin, il vit le conflit intérieur qu’il essayait de nous partager depuis le début de l’heure. Là, on se met à vibrer. Mais c’est la dernière minute… Décevant. Il nous dit vouloir  placer le spectateur hors jugement, comme l’auteur le fait avec son lecteur, en travaillant le texte dans son oralité. Seulement, c’est tellement froid et plat que cela devient ennuyeux. Il est toujours difficile de se mettre en scène, comment se guider soi-même vers un autre sans l’attention d’un tiers ? La brochure parle de proposition et jeu, pas mise en scène. J’aurai dû lire attentivement… C’est donc, à mon goût,  une proposition qui relègue l’acteur un peu trop loin du théâtre dans sa dimension d’échange avec celui qui le regarde.

I/O n°117

IO n°117

PODCAST

Offre de stage

ANNONCE

À LIRE

CND
Théâtre public

FACEBOOK

Derniers articles de louise.ferdinand

L’Esprit du Bauhaus

Visiter une exposition nous amène toujours à replacer les œuvres dans leur contexte d’origine et à questionner leur adéquation avec notre époque. Le Bauhaus, comme mouvement artistique, nous rappelle que l’enseignement de l’art et du développement artistique commence par une « remise à niveau » de tout ce qui part de la matière.
17 novembre 2016

Norma

Belle émotion au théâtre des Champs-Élysées pour la dernière de cette Norma magnifiquement incarnée par Cecilia Bartoli. C’est la gorge serrée pour elle que l’on ressent la douleur et le sacrifice de cette prêtresse délaissée par l’homme qu’elle aime, clandestinement, et avec lequel elle a eu deux enfants. Tous les
17 novembre 2016

Racine ou la Leçon de Phèdre

Cette leçon emmène à travers diverses pièces du répertoire tout en racontant avec simplicité la vie de Jean Racine, et par là même l’origine de son œuvre. Si vous n’avez pas entendu d’alexandrins depuis longtemps, foncez ! Anne Delbée a, par sept fois, mis en scène « Phèdre ». Chaque fois, elle y
15 novembre 2016

Parole d’affamée de sang-s

« Amours et solitudes » commence pour le public par entrer dans une salle sans scène ; il faut s’asseoir à table, au milieu des autres spectateurs qu’on ne connaît pas. La table est dressée au fur et à mesure que nous entrons, et les acteurs racontent les dernières mésaventures de Fritz. Notre
21 octobre 2016

Handball, le hasard merveilleux

C’est un texte fort, la très belle histoire d’une professeure de sport de banlieue parisienne qui est confrontée à son passé en retournant en Algérie. Aucune complaisance, mais un récit serein depuis ses débuts difficiles dans la vie avec un père violent et macho. Elle subit en 1962 un déracinement
17 juillet 2016