(c) Christophe RAYNAUD DE LAGEUn Néron pédophile fils d’un hybride de Lady Mcbeth et d’Agrippine, une famille digne de Festen, un Iago en uniforme SS, le tout sur fond d’installation à la tête de l’Allemagne du Reich qui devait durer mille ans : l’argument, l’époque, les personnages et le titre même laissaient espérer que ce « Crépuscule des dieux » – comme le désigne en toute simplicité Ivo van Hove – vous prendrait à la gorge dès les premiers instants et vous recracherait, pantelant, deux heures plus tard. Las ! Ni Dante, ni Shakespeare, ni Wagner n’étaient présents dans la Cour d’honneur hier soir. Malgré une mise en scène léchée, une scénographie habile, un usage de la vidéo très cinématographique et de belles interprétations par la troupe du Français, cela ne prend pas complètement. Trop lisse, trop linéaire, trop répétitif. Le spectateur qui a vu ces mêmes murs se remplir des hallucinations infernales de Romeo Castellucci ou s’effondrer dans un fracas grandiose sous le poing de Simon McBurney, alléché par la réputation de van Hove, attendait sans doute trop, et la déception rend peut-être l’auteur de ces lignes, qu’un peu de démesure aurait séduit, trop sévère. L’implacable machine nazie est ici bien montrée, qui ne se satisfaisait que de l’obéissance aveugle. Konstantin von Essenbeck/Podalydès en fait les frais pendant la nuit des Longs Couteaux, que Himmler résuma ainsi : « Aligner au mur les camarades qui avaient fauté et les fusiller, chacun en frémissait, et, pourtant, chacun savait avec certitude qu’il le referait la prochaine fois qu’on lui ordonnerait. »
Certains spectacles produisent un effet étrange et paradoxal lorsqu’on en revisite le souvenir : il est possible d’en énumérer aisément de multiples aspects plaisants, voire franchement réussis, et pourtant le tout formé laisse un sentiment d’inabouti. « L’Institut Benjamenta » est de ceux-là. De belles images, des idées intéressantes servies par des acteurs/manipulateurs
La Piccola Familia, compagnie de Thomas Jolly qui a réussi l’exploit, il y a deux ans, d’électriser le public pendant plus de dix-huit heures avec son « Henry VI », revient cette année célébrer le 70e anniversaire du Festival dans une création joyeuse et foutraque. Seize épisodes pour nous conter l’histoire du IN et
Dix ans après son génial « Jules César », où l’on voit le jeune Marlon Brando se lancer avec une puissance phénoménale dans le véritable morceau de bravoure que constitue la harangue qui suit la mort de César, Mankiewicz revenait à Shakespeare avec un monumental « Cléopâtre ». Ce fut le film de tous
Expérience intéressante que d’enchaîner coup sur coup, à trois heures d’intervalle, deux spectacles de danse, « Barbarians » de Hofesh Shechter, et « Jamais assez », de Fabrice Lambert. On aimerait pouvoir nuancer, mais les 1 750 signes généreusement accordés par la rédaction en chef n’y suffiraient pas. Alors disons que le premier est une grosse
En 1957, Ernst Kantorowicz publiait « Les Deux Corps du roi. Essai sur la théologie politique au Moyen Âge », qui allait très vite devenir un classique de l’histoire médiévale. Analysant les monarchies française et britannique (notamment les Tudor) mais également le « Richard II » de Shakespeare, il y mettait en lumière la dualité