17 novembre 2016

Une famille tranquille

Gens de Séoul 1909
Oriza Hirata
© Tsukasa Aoki
© Tsukasa Aoki

Une heure et demie passée en 1909 dans le salon d’une riche famille japonaise, les Shinozaki, colons immigrés en Corée. Le maître et la maîtresse de maison, leurs enfants, un oncle, les domestiques… Ils discutent, reçoivent des invités, prennent le thé. On évoque les pieuvres, le travail à Tokyo, la énième fugue du fils, le retour au pays, un risible voisin, la magie, l’attente d’un possible fiancé.

C’est tout à fait le « théâtre aquarium » d’Oriza Hirata qui se joue sous nos yeux. Les personnages vaquent chacun à ses occupations, à ses attentes plus importantes que la guerre menaçante ou l’agitation du dehors. Hirata montre l’homme dans ce qu’il a de plus simple et individualiste. Rien ne semble grave, tout pourrait s’arranger.

Les multiples allées et venues des personnages, départs et retours dans l’unique pièce principale de cette grande maison créent un attachement progressif pour ces gens qui se dévoilent doucement. On revient sans cesse aux mêmes histoires et actions qui, en contraste avec la multitude d’entrées et sorties des personnages, ne progressent que très lentement, de manière calme et naturelle. On est comme invité dans un espace en suspension que rien ne peut altérer.

Ce rythme très particulier propre au travail d’Oriza Hirata est cependant parfois déroutant, difficile à suivre : Hirata fabrique avec grande minutie un théâtre réaliste, rien sur scène ne sera donc résolu ou annoncé.

I/O n°117

IO n°117

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