8 novembre 2017

La discothèque idéale de FIP

La Discothèque Idéale de FIP
Emilie Blon Metzinger | Florent Mazzoleni

Chouette ! Une nouvelle « discothèque idéale », on va pouvoir s’écharper en musique ! FIP a eu l’excellente idée de publier aux éditions Hors Collection une sélection de 250 albums qui la font vibrer depuis sa création en 1971.

Tout exercice d’anthologisation de la musique est par nature sujet à la polémique. Régulièrement, les médias spécialisés s’y adonnent avec plus ou moins de réussite. Récemment, nous étions ainsi prêté au jeu à propos du hors-série de Rock & Folk et ses « 575 disques essentiels » depuis 1954. L’initiative de FIP n’est évidemment pas de proposer un classement figé dans le marbre, mais plutôt un panorama, forcément partiel et partial, de sa programmation. Le projet en dit beaucoup plus sur l’identité de la radio que sur les décennies d’histoire musicale qu’il couvre. Découpé en 11 chapitres par genre – Chanson, Classique, Blues, Reggae… – chacun trié par ordre chronologique, l’ouvrage est largement illustré (pochettes d’albums mais aussi photos des artistes) et agréable à feuilleter. Chaque album est accompagné d’une chronique, rédigée par Emilie Blon-Metzinger et Florent Mazzoleni, ainsi que du tracklisting. On regrette toutefois qu’il n’y ait nulle part la mention du label. Autre petit regret : que les chapitres ne soient pas identifiés par des couleurs différentes. Plus fondamental, un questionnement : pourquoi cet étiquetage par des genres musicaux pour une radio qui a toujours promu le décloisonnement et l’hybridation ? Un classement chronologique aurait été tout aussi pertinent.

Mais au-delà de ces remarques, ne boudons pas notre plaisir de cet enthousiasmante initiative. Chaque artiste n’ayant droit qu’à un seul album, et le livre abordant tous les genres confondus, les choix sont forcément drastiques. Parfois attendus (les monstres sacrés « Sergent Pepper » des Beatles ou « Sticky Fingers » des Stones), parfois nettement moins (« Steppin’ » des Pointer Sisters). Ces dix dernières années sont très représentées, y compris avec des albums récents de stars chevronnées comme le « Stranger to Stranger » de Paul Simon ou « Good » de Rodolphe Burger. Mention spéciale au petit dernier, également l’un des coups de coeur de la rédaction de I/O : le fantasque William Z Villain avec son « Anybody Gonna Move », sorti cette année. Éclectique et pointue, la sélection FIP l’est assurément, comme le confirme sa « Discothèque idéale » : une occasion parfaite pour réécouter des albums quintessentiels ou en découvrir d’autres. Une playlist Youtube a d’ailleurs judicieusement été créée pour l’occasion – même si encore très incomplète à la date de publication de cet article.

La discothèque idéale de FIP – les 250 albums indispensables.
Editions Hors Collection, octobre 2017, 328 p., 29 €.

Mathias Daval

Mathias Daval

Journaliste depuis 2001, lauréat de la bourse du CNT en 2014, cofondateur de I/O et éditeur pour le Theatre Times, membre de la Fédération des critiques de la presse française. Il est également game designer et chargé de cours en master de journalisme culturel à l'université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle depuis 2020.

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