1 novembre 2017

Escale en Malaisie : la parenthèse enchantée

Il est des matins où les ciels infiniment bleus et les mers indéfiniment claires semblent destinés à vos yeux seuls. Sur ma route des festivals du sud-est asiatique, entre le merveilleux SIFA de Singapour (voir le reportage complet ici) et le festival de George Town, c’est au Pangkor laut resort que je fais escale : trois jours hors du temps, 3 nuits hors du monde. Une escale idéale.

Perdue sur une petite île en Malaisie dans le détroit de Malacca, je me pose au coeur de la jungle et découvre, éblouie mais un peu sonnée, ce havre de luxe et de paix. Car comme toutes les choses de valeur, le paradis se mérite et la route pour le rejoindre sera à vivre comme un trajet initiatique, comme s’il fallait ce temps là à notre regard pour se préparer à voir pleinement. Un peu comme cette balade dans la forêt tropicale, poumon vert au coeur de l’ile, qui permettra à ceux qui la tentent de jouir encore plus fort de la plage carte-postale-en-mieux qui se dévoile au bout du sentier. Ici, tout n’est qu’intensité douce.

Conçu uniquement pour le bien être de ses occupants éphémères, il ne s’agit pas de découvrir une culture ou des modes de vie endémiques – le resort a seul droit de cité sur l’île – et c’est entre soi que l’on goûte à ces mille merveilles exotiques. On est invité à se fondre dans une parenthèse enchantée et pour la vivre pleinement, il faut jouer le jeu et accepter d’être, pour un temps, le roi de la fête.

Crédit Marie Sorbier
Pangkor Laut resort, vue de la jungle

Concrètement ? Un enchantement des sens à tous les étages. Les chambres les pieds dans l’eau, raffinées sans en faire trop, se laissent bercer tendrement par le son et le mouvement des vagues et c’est dans la piscine qui ne rêve que de s’unir à la mer dans un camaïeu de bleus idylliques que je laisse volontiers passer le temps et le soleil. Mais l’expérience ultime de ce séjour féérique sera finalement (évidemment ?) de l’ordre du rituel. Il se murmure entre les palmiers qu’il a été élu meilleur spa  de la planète mais ne nous y trompons pas : « Spa Village isn’t just a place, it’s a philosophy ». Les presque 3h passées entre leurs bains et leurs mains valent des années de thérapie tant elles reconnectent l’enveloppe avec le noyau du dedans, la peau et l’âme, moi et la nature accueillante et luxuriante qui m’entoure. A ciel ouvert, les pores en éveil libérés du superflu, l’expérience vaut à elle seule le (long) voyage. Et pour se remettre en saveurs, rien de tel que de goûter à la cuisine du légendaire Oncle Lim, présent depuis les origines, et dont les crevettes à se damner peuvent réconcilier avec la vie même les plus acariâtres d’entre nous. Lors du dernier petit-déjeuner (pantagruélique ! rabelaisien en diable…) avant le départ vers Penang, nouvelle capitale du street art dont les ruelles sont des invitations permanentes au voyage, on se dit que c’est une chance d’avoir pu se laisser aller, d’avoir su lâcher prise pour contempler un instant la beauté du monde.

Pangkor Laut resort

Pour tout savoir : http://www.pangkorlautresort.com/

crédit Marie Sorbier
Pangkor Laut Resort
Marie Sorbier

Marie Sorbier

Fondatrice et rédactrice en chef de I/O.
Critique et journaliste sur France Culture.

I/O n°117

IO n°117

PODCAST

Prochaine émission : 06/07/2026 en direct du Festival d'Avignon

ANNONCE

ANNONCE

À LIRE

Théâtre public

FACEBOOK

Derniers articles de Marie Sorbier

Bashar Murkus, le mal de père

Décidément, le festival d’Avignon 2025 a le mal de père. Et c’est le metteur en scène palestinien Bashar Murkus, directeur du théâtre de Haifa, programmé seulement trois fois en fin d’édition, qui met à jour, avec son spectacle « Yes Daddy », un fil cohérent de cette édition. A l’heure où le
25 juillet 2025

Marthaler prend de la hauteur

Soudain, six Suisses en tenues traditionnelles sont dans un chalet. Un monte-charge s’ouvre régulièrement pour apporter La Joconde ou des biscottes, tandis qu’un néon lynchéen grésille sous les poutres. Comme toujours chez le metteur en scène suisse-allemand, tout pourrait se résumer à une devinette pour laquelle l’auditoire attend, un sourire
15 juillet 2025

Ali Charhour, un écrin puissant pour les voix des femmes

Trois femmes puissantes. Ça sonne comme un titre de livre à succès, mais le spectacle que propose le chorégraphe libanais n’a rien du page-turner. Les projecteurs braqués sur le public éblouissent alors que tous les spectateurs cherchent encore leur place ; les yeux cramés par trop de lumière, il sera
8 juillet 2025

Tout simplement Brel

Peut-on danser sur les chansons de Brel ? Petits bijoux d’écriture, ces paroles, pensées pour être interprétées plein de sueur et de conviction, ont une place de choix dans le panthéon des amateurs de chanson à texte. Récits condensés d’images percutantes, ces courts-circuits efficaces s’inscrivent, par cœur, dans la mémoire collective
8 juillet 2025

« Les Incrédules » peinent à nous faire croire aux miracles

C’était pourtant un sujet alléchant. Que le théâtre s’empare du mystère des miracles et interroge ceux qui y croient – et ceux qui n’y croient pas – est une matière à spectacle qui promet. Le miracle, par essence indicible, serait-il plus tangible sur un plateau ? Pour le faire advenir, Samuel
7 juillet 2025