Fruit de la collaboration entre Etienne Lepage et Frédérick Gravel, après « Ainsi parlait » créé en 2013, « La Logique du pire » continue d’explorer la veine métaphysico-burlesque d’interrogations existentielles. Mais attention, les textes de Lepage n’ont rien du potache comique que le spectacle pourrait laisser présager : entre saynètes d’humour noir et divagations poético-monologuées, les cinq interprètes sont les excellents porteurs d’un texte subtil, drôle et mordant. Le résultat est livré en vrac, mais cela fait partie du projet scénique des deux compères, qui laissent volontiers le spectateur boucher les trous et colmater les brèches. Et c’est tant mieux, car voilà une performance qui ne le prend pas pour un imbécile. Un seul regret, peut-être : que la transposition sur plateau ait dilué le corps de ces slammeurs-danseurs dans de rares interventions, moins incisives que dans « Ainsi parlait ».
11 octobre 2017
La Logique du pire
Mathias Daval
Journaliste depuis 2001, lauréat de la bourse du CNT en 2014, cofondateur de I/O et éditeur pour le Theatre Times, membre de la Fédération des critiques de la presse française. Il est également game designer et chargé de cours en master de journalisme culturel à l'université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle depuis 2020.
I/O n°118
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