Avec beaucoup d’intelligence, Cécile Magne ravive à nos mémoires Jacqueline Maillan, femme au caractère trempé qui envahit l’esprit comme une maladie salvatrice. Le quotidien morne de la jeune patiente se trouve bousculé par cette figure unique du théâtre, cabaret et cinéma français ; d’abord à la manière d’un parasite intempestif puis comme échappatoire bienvenue. La très belle voix – parlée et chantée – de Cécile Magne, accompagnée avec justesse par Filippo Fabbri au piano, déroule un texte joliment tourné au sein d’une forme courte et plutôt bien maîtrisée. Avec un petit air de cabaret rafraîchissant, on se laisse facilement prendre au jeu de cette oscillation entre tracas quotidiens et délires mystérieux, jusqu’au point de non retour : accepter « la Maillan en soi », c’est accepter sa propre liberté et faire fi du regard des autres.
La Maillan en moi
Lola Salem
Lola Salem entretient très tôt un rapport privilégié à la scène : d’abord en tant que jeune artiste, puis en tant qu’élève normalienne.
Diplômée d'un master de musicologie et de philosophie, ses travaux de recherche portent en particulier sur la dramaturgie de l'opéra baroque (son histoire et ses évolutions pratiques et esthétiques) ainsi que sur les actrices lyriques et les rôles qui leurs sont associés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est aujourd'hui doctorante à l'Université d'Oxford (St John's college).
Son penchant pour la création contemporaine est né de sa formation musicale pratique (Maîtrise de Radio France, chœurs semi-professionnels, conservatoires) et de ses engagements associatifs pour la jeune création théâtrale (Enscène).
Autrice pour I/O Gazette depuis février 2016, Lola Salem s'est rendue dans de nombreux festivals à travers la France et l'Europe et attend désormais religieusement le mois de juillet.
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