31 mai 2017

L’âme russe

Les bas-fonds
Eric Lacascade | Gorki
DR

Aurait-on pu trouver pièce plus en rapport avec la réalité de notre époque que ces « Bas-Fonds » écrits en 1902 ? Avec cette nouvelle création, Eric Lacascade renoue avec ses envies de grande fresque portée par une véritable troupe de quatorze comédiens. Il réussit magistralement la mise en scène d’une pièce réputée peu commode de Gorki. Dans cette version adaptée d’une traduction d’André Markowicz, Lacascade a su trouver les mises en abyme et en faire des vrais moments de vie. Il a su donner un rythme haletant, trouver des comédiens qui, pour être survoltés, ne sont pas hystériques. Ils laissent poindre à chaque scène la sincérité.

Ce croisement de générations permet à Lacascade de donner une fougue, un rythme à son spectacle qui se transforme vite en un récit à suspens, captivant et qui ne laissera pas le public indemne. Il crée ainsi les conditions d’une empathie avec l’auditoire qui réagit dans une « contagion gravitaire » les faisant soupirer ou sursauter. Si la forme fait la force de ce spectacle, le fond donne lieu à des grandes répliques faites d’envolées lyriques comme on les aime au théâtre. Celles-ci collent parfaitement à l’actualité bien qu’écrites il y a plus de cent ans ! Quant on dit que l’histoire est un perpétuel recommencement, on exagère à peine.

I/O n°117

IO n°117

ANNONCE

À LIRE

FACEBOOK

Derniers articles de Emmanuel Serafini

Des vérités bonnes à rappeler

Pour bien comprendre l’enjeu du texte comme du spectacle imaginé par Elemawusi Agbedjidji, il faut être attentif dès le début et appréhender le prologue comme la clé d’une coutume dont nous ne pouvons pas être fiers. Je dis  « nous » car c’est à partir d’une bonne et louable attention
30 mars 2021

L’amour, est-ce un continent ?

Un film populaire français s’intitulait  » Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes »…  C’est un peu ce que raconte le jeune auteur Quentin Laugier dans cette fresque inspirée du film « À bout de course  » de Sidney Lumet mise en scène par Alexis Moati à
3 octobre 2018

Et après !

Autant le dire tout de suite, depuis Jamais assez, Fabrice Lambert, chorégraphe d’origine grenobloise, est tombé directement dans la cour des grands, de ceux dont on attend le spectacle, dont on aime l’univers, les propositions… tout… Lais là, pour cette nouvelle création pour la 18e biennale de Danse de Lyon, nous avons
21 septembre 2018

Une belle personne

Pendant que l’un soulevait la coupe du monde de football, son homonyme, Didier Deschamps, le directeur du Théâtre National de Chaillot publiait un livre, sous la forme d’une série d’entretiens qui renseignent sur la vision d’un homme voué à l’anonymat mais qui, par le truchement d’un destin hors du commun,
18 septembre 2018

Du rire aux larmes

La compagnie stéphanoise Dyptik n’en est pas à son coup d’essai dans le OFF puisqu’on avait pu découvrir leur travail en 2012 avec le trio – déjà ! – « En quête », chorégraphié par Souhail Marchiche rejoint pour la danse par Mehdi Meghari et Toufik Maadi. Avec ce nouveau trio « Le
7 juillet 2018