25 septembre 2017

Nouvelles

Nouvelles pièces courtes
Philippe Decouflé
DR

C’est un show, huilé comme en Amérique, terriblement précis et spectaculaire. Des décors mouvants à l’esthétique appuyée, de la vidéo en live, des gros plans, des plans différés et même des plans imaginés ; des créations d’images à gogo et de quoi en mettre plein les yeux et les oreilles sans pour autant tomber dans l’overdose. Philippe Decouflé, on ne le présente plus : son univers haut en couleur envahit les stades et les écrans du monde depuis longtemps déjà. Il opère à la Maison de la danse de Lyon un joyeux retour au plateau en proposant un spectacle composé comme un recueil de nouvelles. Ces formes courtes sont pensées pour être mélangées à loisir au bon vouloir des artistes en scène selon l’humeur du jour ; pour le spectateur, c’est un peu comme la surprise du goût quand on pioche à l’aveugle dans une boîte de chocolats. Pas de lien a priori entre les miscellanées à part d’être portées avec grâce par des danseurs / musiciens / chanteurs / acrobates magnifiques ; d’un cabaret à un aéroport, d’un duo féminin à la fluidité céleste, c’est à un voyage dépaysant que l’on nous invite où l’on sent que le plaisir de celui qui regarde reste l’enjeu premier. Un divertissement donc. On est là pour passer un bon moment et s’échapper un temps de son quotidien peut-être moins fantasque et coloré que l’imaginaire déployé sur scène. On l’aura compris, ce n’est pas une forme radicale qui révolutionne la danse contemporaine mais plutôt une envie de partager ensemble un moment de légèreté où la technique des corps et les astuces parfaitement maîtrisées de la mise en scène emporte avec ferveur l’adhésion de tous les publics.

Marie Sorbier

Marie Sorbier

Rédactrice en chef de I/O
Fondatrice du journal et Directrice de la publication
Critique et journaliste sur France Culture

I/O n°117

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