11 mai 2017

Le printemps de Budapest

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Pour sa 37e année, le Budapesti Tavaszi Fesztival a concocté un programme dense avec pas loin d’une centaine d’événements. Le festival est tout aussi bien une plate-forme pour la création hongroise et un show de stars internationales (cette année John Malkovich ou Goran Bregovic) qu’une sorte d’opération touristique portée par une programmation éclectique : musique classique, pop, jazz, un soupçon de théâtre et un zeste de danse… De la danse, justement, c’est par cela qu’on commence au Trafo House, haut lieu de la création contemporaine, avec l’excellent « OCD Love » de Sharon Eyal (voir notre critique en ligne), ancienne de la Batsheva désormais figure incontournable de la chorégraphie israélienne.

Côté concerts, c’est à la salle chic du Vigado, à côté du Danube, que nous avons rendez-vous pour une série intitulée « La Voix des muses ». En ce week-end pascal, ce furent quatre occasions de ravissement avec une sélection de morceaux « dans l’ombre de la Première Guerre mondiale » : Ravel (délicieux trio), Debussy, Fauré (« Jardin clos »), Elgar (quintette), Stravinsky, Bartok (quartette à cordes no 2), et une excellente occasion de découvrir l’éminence hongroise Zoltan Kodaly (prononcer « Kodaï »), plutôt méconnue dans l’Hexagone. Les autres salles ne sont pas en reste, puisque l’on retrouve la programmation déclinée au Müpa, à l’Académie Liszt, au Balna Budapest, à l’Opéra… À noter que les prix des différentes performances sont dérisoires, même au regard du coût de la vie à Budapest, la plupart des tickets coûtant entre 5 et 10 euros.

Les quelques jours passés au festival peuvent être aussi une occasion de succomber aux charmes de la capitale hongroise. On vous fait grâce des infinies variantes de cuites à la palinka. On soulignera plutôt combien il est agréable de rejoindre à pied, au rythme d’une balade dans le vieux centre, presque tous les lieux du festival, de finir la soirée dans un restaurant gastronomique comme le Menza (délicieux goulash et vin rouge local), le Pest Buda (apfelstrudel à se damner). Jo étvagyat! Bon appétit !

Restaurant Pest Buda, Fortuna u. 3. 1014

Mathias Daval

Mathias Daval

Journaliste depuis 2001, lauréat de la bourse du CNT en 2014, cofondateur de I/O et éditeur pour le Theatre Times, membre de la Fédération des critiques de la presse française. Il est également game designer et chargé de cours en master de journalisme culturel à l'université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle depuis 2020.

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