Présenté à Montpellier Danse en 2016, « Sur le fil » est une spectacle vertigineux. Vertigineux par ses mouvements, d’abord, d’une intensité confondante, chacune des interprètes entrant dans une ronde personnelle, intime, quasiment mystique. Belaza et ses deux comparses, Aurélie Berland et Dalila Belaza, explorent le lâcher prise des corps et les lignes de fuite intérieures en arabesques saisissantes. Le fil, c’est à la fois les lignes de cet espace où elles évoluent, un carré de lumière encadré d’ombres desquelles elles émergent les unes après les autres ; mais aussi ce jeu sur la pénombre (avec d’éphémères moments de pleine lumière) qui nimbe l’ensemble de la composition, lui donnant une dimension fantasmatique ; et enfin le point d’équilibre, toujours précaire, de ces gestes déliés. Surtout, « Sur le fil » est une transe. On parlait de mystique et il y a là une recherche d’extase chorégraphique dervichienne, décuplée par l’utilisation en fond sonore incessant de l’ensorcelant morceau « Your Name / My Game » d’Herman Düne (remixé pour l’occasion). Une performance vitale.
25 septembre 2017
Sur le fil
Mathias Daval
Journaliste depuis 2001, lauréat de la bourse du CNT en 2014, cofondateur de I/O et éditeur pour le Theatre Times, membre de la Fédération des critiques de la presse française. Il est également game designer et chargé de cours en master de journalisme culturel à l'université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle depuis 2020.
I/O n°118
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