13 août 2017

Guerre des sexes

The Divide
Alan Ayckbourn | Annabel Bolton
DR

Dans cette dystopie orwellienne, Alan Ayckbourn a imaginé un monde post-apocalyptique dans lequel un fossé culturel et géographique sépare désormais les hommes et les femmes : un virus a dévasté la population mâle, obligeant à minimiser leurs interactions avec l’autre sexe, normalisant l’homosexualité et l’insémination artificielle. Le dramaturge britannique a délaissé ici son écriture habituelle, davantage portée sur la comédie sociale telle qu’on l’avait notamment vue mise à l’écran par Alain Resnais. Ici, on est en plein dans une fiction d’anticipation à l’ancienne, façon Margaret Atwood. De ce projet ambitieux, d’une durée de six heures, dont la première mondiale a lieu au festival d’Edimbourg, on ne retiendra malheureusement pas grand-chose : ni la mise en scène d’Anabel Bolton, du Old Vic, efficace mais très conventionnelle ; ni le texte, trop démonstratif (on sent qu’Ayckbourn a tenté une expérimentation sur laquelle il a peu de recul littéraire) ; et surtout le fond, finalement assez creux, qui ne fait qu’effleurer son sujet dans une démonstration par l’absurde loin d’être convaincante. A plus de 80 ans et autant de pièces, Ayckbourn aurait dû laisser la science-fiction à ceux qui savent l’écrire.

Mathias Daval

Mathias Daval

Journaliste depuis 2001, lauréat de la bourse du CNT en 2014, cofondateur de I/O et éditeur pour le Theatre Times, membre de la Fédération des critiques de la presse française. Il est également game designer et chargé de cours en master de journalisme culturel à l'université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle depuis 2020.

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