7 décembre 2017

Three Palaces Festival à Malte : harmonies entre le ciel et l’eau

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La Valette : la capitale maltaise achève les dernières installations en vue de 2018, année où elle deviendra capitale européenne de la culture. Au cœur de l’automne, I/O Gazette s’est rendu au Three Palaces Festival à Malte, dix jours de musique classique sur les rivages méditerranéens.

Plus petit État de l’Union européenne en superficie, Malte n’est pourtant pas en reste en matière d’initiatives culturelles. Nous avions déjà parlé dans I/O no 68 de son festival des arts au mois de juillet. En témoigne également le Three Palaces, qui célèbre cette année sa 5e édition, sous la direction artistique du chef d’orchestre anglais Peter Manning. Pourquoi « trois palaces » ? Parce que le festival se déroule dans trois lieux baroques hautement historiques (le palais Saint-Antoine, le palais Verdala et le palais Magistral), auxquels s’adjoint le Musée national archéologique de La Valette. C’est que l’énergie de l’île est indissociable de son histoire chevaleresque, héritée du Moyen Âge, et au faîte de sa puissance au xvie siècle avec la construction de la capitale par Jean de Valette. Le sous-titre du festival est d’ailleurs pour 2017 « L’artiste en héros », ce chevalier moderne qui serait le porteur, osons le croire, d’une forme de rédemption par la beauté…

Au programme, des œuvres éclectiques, allant des musiques traditionnelle à contemporaine, en passant par un riche répertoire du xixe siècle et un accent sur les romantiques (Liszt, Schumann, Brahms ou Schubert). Mais c’est Mozart qui ouvre les festivités, avec sa « Sonate pour piano no 14 », l’une de ses rares sonates en mineur. Interprétée tout en contrastes par le pianiste américain Andrew von Oeyen, elle pourra être accueillie, selon sa disposition du moment, comme une séquence lénifiante ou roborative. Plus tard, c’est au ténor maltais Nicolas Darmanin, accompagné par Lucia Micallef au piano, de prendre la relève avec un répertoire glissant vers le xixe plus tardif avec deux extraits opératiques de Massenet et de Gounod. Le programme inclut même du jazz avec le groupe Sandro Zerafa Quartet, qui présente ici son quatrième album, « More Light ». Mené par un guitariste maltais aujourd’hui installé à Paris, autour d’un pianiste et d’un bassiste français et d’un batteur cubain, le quartet est à l’image de l’île : un creuset culturel.

Après Paphos cette année, les capitales européennes de la culture se déplacent en Méditerranée, comme pour rappeler que notre culture est née ici, en Grèce puis à Rome. Malte pourrait-elle être la jonction symbolique, l’axum mediterraneum ?… Ici, à chaque coin de rue se ressentent les préparatifs de 2018 : amélioration des infrastructures, financements pour le transport et le tourisme… Pour ceux qui rateraient la cérémonie d’ouverture en début d’année prochaine (week-end des 20 et 21 janvier), il y aura de nombreuses occasions de se rattraper, avec notamment le festival de musique baroque jusqu’au 27 janvier, la grande exposition de La Valette (25 artistes internationaux) jusqu’au 28 mai, le festival du film du 8 au 17 juin ou encore la Semaine du design en novembre. En ces temps où l’Europe vacille, on a envie de placer dans la culture, et la musique en particulier, une espérance énorme – et certainement démesurée. Pourtant, lorsque dans l’Auberge de Provence de La Valette résonnent les premières notes de la « Sérénade en sol majeur » de Lachner, interprétée par les quatre violoncellistes de l’Orchestre philharmonique de Vienne, tout semble possible, même pour un instant seulement.

Three Palaces Festival, du 3 au 12 novembre 2017
Office de tourisme de Malte
La Valette, capitale européenne de la culture en 2018

Mathias Daval

Mathias Daval

Journaliste depuis 2001, lauréat de la bourse du CNT en 2014, cofondateur de I/O et éditeur pour le Theatre Times, membre de la Fédération des critiques de la presse française. Il est également game designer et chargé de cours en master de journalisme culturel à l'université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle depuis 2020.

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