Créé en 2013, rejoué cette année dans le cadre de la sélection canadienne au Canada Hub d’Edimbourg, « Ainsi parlait » est un spectacle inclassable : entre danse et performance, le projet est un assemblage hétéroclite d’interjections chorégraphiées, de paroles aussi profondes que dérisoires. Un mélange foutraque d’énergies contradictoires, tantôt hachées et abruptes, tantôt suaves et liquides. C’est bien là la force et la faiblesse du projet d’Etienne Lepage et Frédérick Gravel (dont on avait déjà parlé de « Some Hope for the Bastards » présenté au FTA cette année) : ce collage pop, un peu philo et un peu rock’n’roll, s’effiloche au fur et à mesure qu’il passe sous nos yeux. Mais l’agrandissement temporaire de nos chakras scéniques, la dose d’humour et d’étrangeté auront eu raison de nos réticences. Et l’on se surprendra, une fois le spectacle fini, à chercher cet absurde mouvement du « backspace mode » qui propose une autre façon de considérer son rapport à l’espace.
14 août 2017
Thus Spoke
Mathias Daval
Journaliste depuis 2001, lauréat de la bourse du CNT en 2014, cofondateur de I/O et éditeur pour le Theatre Times, membre de la Fédération des critiques de la presse française. Il est également game designer et chargé de cours en master de journalisme culturel à l'université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle depuis 2020.
I/O n°118
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8 novembre 2025



