19 septembre 2017

Du trou noir aux lumières des persiennes

Rabbit Hole
Claudia Stavisky

Claudia Stavisky signe une mise en scène qui surprend par sa finesse toute contemporaine dans les ors des Célestins. Pas de révolution radicale mais une prise en charge efficace d’un texte étonnant, qui évite tous les pièges où son sujet aurait pu l’enfermer. L’enfant mort, le couple qui tente de poursuivre malgré tout et la vie qui renaît au sein de cette famille durement marquée mais toujours debout. Exit le pathos donc, on se permet même quelques traits d’humour, des doses de légèreté au cœur d’une atmosphère très réaliste portée par la scénographie et les incursions d’images qui suggèrent plus qu’elles ne révèlent. La distribution fait du bruit et pourrait attirer les vautours mais la fragilité assumée de certaines et la force de l’expérience des autres créent une harmonie dans le jeu et les intentions de chacun. Tous au service du texte, c’est l’absence qui se dessine comme personnage principal et qui envahit les cœurs et le plateau. On y retrouve au détours de certaines scènes ses racines cinématographiques, et le public, happé par ces destins abîmés et joyeux, se laisse volontiers entraîner dans ces réalités parallèles.

Marie Sorbier

Marie Sorbier

Fondatrice et rédactrice en chef de I/O.
Critique et journaliste sur France Culture.

I/O n°118

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