15 janvier 2018

Le toucher de velours de Ben Paterson

Ben Paterson Trio au Mezzrow
Ben Paterson
DR

Dans l’antre voûtée et chaleureuse du Mezzrow, l’un des meilleurs clubs de jazz new-yorkais, Ben Paterson et ses deux acolytes ont assuré ce vendredi 12 janvier un set nocturne de velours. Le jeu de Paterson est, comme d’habitude, d’une douceur et d’une précision remarquables. Son vocabulaire bluesy est très classique, mais plutôt rafraîchissant pour un jeune pianiste non pollué par les overdoses de quartes et de jeu modal qui, parfois, saturent les oreilles des scènes jazz contemporaines. Le trio est clairement à son aise sur un répertoire de standards de Nat King Cole, Duke Ellington ou Oscar Peterson (« Tricky Tune »).

C’est qu’il y a de ce dernier dans le jeu du jeune new-yorkais de 35 ans, comme en témoigne son deuxième album (« Blues for Oscar », 2012), hommage somptueux au maître. Son excellente cover de « Isn’t She Lovely » de Stevie Wonder (peut-être la meilleure disponible sur YouTube), est un parfait exemple de la qualité de son phrasé. Une autre caractéristique de son jeu, outre la vélocité petersonienne, est la pertinence de ses voicings colorés et subtils, et la digestion réussie des licks de ses précédesseurs. Rien d’incroyablement original dans sa technique, bien sûr, mais quel toucher, et quelle musicalité ! A la guitare, Chris Flory est dans une énergie plus rentre-dedans, mais parfaitement synchrone avec le pianiste. Celui-ci était en tournée en Europe l’année dernière, dont quelques dates en France, et l’on conseille de suivre son actualité hexagonale pour les mois à venir.

Mathias Daval

Mathias Daval

Journaliste depuis 2001, lauréat de la bourse du CNT en 2014, cofondateur de I/O et éditeur pour le Theatre Times, membre de la Fédération des critiques de la presse française. Il est également game designer et chargé de cours en master de journalisme culturel à l'université de Paris 3 Sorbonne-Nouvelle depuis 2020.

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