7 juillet 2018

Du rire aux larmes

Le Cri
Souhail Marchiche

La compagnie stéphanoise Dyptik n’en est pas à son coup d’essai dans le OFF puisqu’on avait pu découvrir leur travail en 2012 avec le trio – déjà ! – « En quête », chorégraphié par Souhail Marchiche rejoint pour la danse par Mehdi Meghari et Toufik Maadi. Avec ce nouveau trio « Le Cri », leur toute dernière création – deuxième volet d’un triptyque dont vous pourrez voir aussi « Dans l’engrenage », un septuor, première chorégraphie de Mehdi Meghari, le tout à La Manufacture à Avignon –, Souhail Marchiche abandonne le hip-hop pur au profit d’une écriture résolument « danse contemporaine », délaissant le brio pour une intensité des émotions. S’il faut attendre un temps certain pour voir où il veut en venir avec des séquences qui se veulent burlesques mais qui trompent le spectateur sur ses intentions réelles, l’image centrale du cri, inspirée sans doute par la célèbre toile de Munch, est une réussite à la fois émotionnellement et visuellement. Toufik Maadi, au sommet de son art, sait donner du sens à ces gestes volontaires de révolte insufflée par le chorégraphe dans cette seconde partie. Les effusions de matières ajoutent à ce trouble et coïncident avec le moment où le propos de Souhail Marchiche est le plus lisible mais aussi le plus fort. Inspiré par les photos chocs de Kevin Carter, le chorégraphe pousse un grand cri d’alerte et s’affecte de la société de l’indifférence où la misère côtoie le bling-bling sans que, finalement, le monde s’en émeuve.

 

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