17 janvier 2018

Easy listening

Home Alone
Alessandro Sciarroni
DR

On a découvert Alessandro Sciarroni en France avec « Folk-S », une variation épuisante et inspirée sur la danse tyrolienne qui l’a propulsé dans le réseau international des chorégraphes avec lesquels il faut compter ; normal donc qu’il se retrouve à la Maison de la danse de Lyon où il est quasi chez lui avec des projets de créations et de commandes aussi bien pour la Biennale de danse que pour l’Opéra de Lyon. C’est dans cette catégorie de projets que le chorégraphe italien s’est lancé dans un quasi duo, « Home Alone », une création pour le jeune public où les parents sont les bien venus…

Cyclo et un tapis blanc pour simple décor, une danseuse se chauffe sur un air de Flash Dance pendant que le public s’installe. Avec force grands écarts, elle signifie qu’elle est bien l’archétype de la danseuse, d’ailleurs, elle chaussera des pointes pour qu’il n’y ait pas de doute… Le noir se fait dans la salle et fidèle à sa recherche sur les illusions d’optique déjà présentes dans son dernier solo « Chroma », le chorégraphe a recours à un logiciel de morphing dont toutes les options seront utilisées, parfois jusqu’à l’écoeurement, pendant la performance. Plusieurs effets sont forcément reçus avec joie par les enfants puisqu’ils y reconnaissent un vocabulaire qu’ils retrouvent dans des dessins animés ou des super productions de gros labels qui ont surexploité les images déformées. Le travail se développe lorsque l’intrusion de l’extérieur à travers un autre logiciel célèbre de téléphonie à distance introduit un danseur dans un solo qui aurait pu tourner en rond… A partir d’une chanson de Lana Del Rey, « Without You » les deux danseurs esquissent un duo en académique bariolé digne des jeux du cirque… Le virtuel perd la partie lorsque le danseur sort de scène pour assumer la danse et ainsi casser cette vision très froide d’une danse sur écran. Le projet vaut dans le fait qu’il amène une nouvelle génération à voir un spectacle de danse en salle, même si le systématisme du recours au logiciel lasse un peu, mais pas tout le monde puisque les enfants sont invités à monter sur scène et à se faire déformer à loisir… Il fallait y penser !

I/O n°117

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