13 novembre 2018

Gaugemancy

Gaugemancy
Ali Moini
(c) Yann Gibert

Sur scène ils sont quatre, shorts de sport et baskets aux pieds. Car qu’est-ce qu’un danseur si ce n’est un sportif de haut niveau, semble nous demander Ali Moini, de retour avec « Gaugemancy ». Après deux solos, il s’attaque au collectif et à la façon dont un geste non chorégraphique peut influencer la danse. Ici, elle s’allie à un dispositif sonore manipulé par les artistes et faisant partie intégrante de la chorégraphie. Corps engagés, muscles saillants, les quatre interprètes semblent souffrir tandis que les corps suivent un schéma mathématique étudiant la relation des corps entre eux, mais aussi des corps avec les éléments extérieurs. Une fois encore, les fils tendus guident et empêchent les danseurs dans un jeu d’ascendant entre leur force propre et la force de l’autre, quel qu’il soit. Cependant, là où Ali Moini émouvait et intriguait dans son solo « Lives », ici on peine à comprendre où le chorégraphe cherche à nous emmener. « Gaugemancy » n’en reste pas moins une performance physique impressionnante, à la limite de l’entraînement de lutte gréco-romaine.

Audrey Santacroce

Audrey Santacroce

Rédactrice culturelle.

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