18 septembre 2018

Instantanés #1 – Anne-Flore de Rochambeau

Inst
Christian Ben Aïm

Sérier l’instant ? «  Instantanés #1 »est la première tentative d’une suite chorégraphique initiée par les frères Ben Aïm ; d’autres viendront, et le prochain dans quelques mois déjà avec Léa Lansade. Un ensemble de soli pour femmes à la recherche du temps présent : Anne-Flore de Rochambeau s’y exerçait à la Belle Scène Saint-Denis d’Avignon en juillet avant d’investir les riches pavés de l’Hôtel de Sully… Et qu’ils tremblent et craignent ses jambes, les mêmes pavés, et son perfecto comprimant légèrement ses épaules, et sa robe noire, tant la danse exhume sa puissance d’âme ! Et l’amplitude du mouvement qui tourne autour d’elle — est-ce divaguer ? — en cercles convulsifs, et surtout celui, formidable, qui contrecarre le spectaculaire : des presque-gestes (mains, genoux, tête), ou rien qu’un regard intense et un souffle qui se confondent parfois par magie à quelques pas du public… Fameux rituel dont on voudrait rejoindre l’immanence. 

Victor Inisan

Victor Inisan

Docteur en études théâtrales, spécialiste de lumière de spectacle, critique à Libération et aux Midis de France Culture.

I/O n°117

IO n°117

PODCAST

Offre de stage

ANNONCE

À LIRE

CND
Théâtre public

FACEBOOK

Derniers articles de Victor Inisan

Danse de la (non) pluie

S’associant à Mariette Navarro pour leur troisième création jeune public, les frères Ben Aïm remuent les eaux intérieures d’un duo mêlant danse et poésie, dont la rencontre, peu théâtrale, opère au bout d’une lente itération écologique.  Une cuisine bien abstraite : deux tables vides et un robinet à sec depuis
19 février 2026

Ensoleillé d’existence

Nouveau directeur du CCNN de Nantes, le chorégraphe et danseur Salia Sanou reprend  son concept Multiple-s — des rencontres face-à-face avec un artiste (danseur, musicien ou bien auteur) — dans le cadre du festival Trajectoires, avec un diptyque d’une grande élégance chorégraphique.   On l’aura vu en duo avec Germaine
27 janvier 2026

Le moi n’est pas maître

Sans aucun doute, le précepte psychanalytique « le moi n’est pas maître dans sa propre maison » convient bien à NEGARE et (di)SPERARE, les deux premiers volets d’un obscur triptyque composé par le chorégraphe luxembourgeois Giovanni Zazzera : bien qu’elle pâtisse d’un visuel un peu grossier, la danse sidère par son inquiétante
24 janvier 2026

No hay banda

Deuxième volet du cycle L’Amour et l’Occident, Le Mauvais Sort de l’autrice et metteuse en scène Céline Champinot imagine un cabaret post-apo où quatre figures archétypales revivent la déréliction amoureuse et politique du monde moderne. Sous une faible lumière blafarde, une silhouette écarlate pénètre un cabaret en ruines : chaises
8 janvier 2026

Humain trop humain

Chez Sharon Eyal, les genres chorégraphiques s’entremêlent souvent — contemporain, gaga, même des danses de salon — pour fusionner autour d’une même esthétique, certes genrée et relativement classique, mais qui puise autant dans le ballet que dans le compagnonnage de la chorégraphe avec la Batsheva. Même programme pour le dernier-né
2 décembre 2025