« La Rabbia » est un texte âpre qui brouille le dualisme entre politique et poésie. Pasolini écrit cette litanie des transformations du monde social de l’après-guerre, en 1963, à l’origine pour un film. Celui-ci égrène, sous une forme presque journalistique, les rapports de force mondiaux, les changements culturels de l’époque. Quelques échappées poétiques fluidifient cette énumération qui peine à retenir la concentration. Un désordre d’images projetées derrière ou sur le comédien agit comme les propos subliminaux que le texte ne dit pas, permettant à la charge pamphlétaire de s’exprimer autrement que sur le mode du discours : trouvaille bienvenue, car si le comédien s’empare de ce texte difficile avec force, l’ensemble reste très aride, les propositions de mise en scène ne compensant pas assez la monotonie de l’inventaire.
13 juillet 2018
La Rabbia / La Rage
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