OVNI(S) ne parle pas vraiment des OVNIS – encore moins de quelque tige xénomorphe et bicéphale. Même pas de vocabulaire science-fictionnel : les auteurs (Ivan Viripaev, Jérôme Game) et les acteurs/metteurs en scène d’Ildi ! eldi préfèrent la génétique du récit au récit lui-même. Ils ne racontent pas – ou alors ils racontent la manière de raconter. Un témoignage frontal, majestueux, ne serait-il pas décevant ? Mieux vaut s’aventurer, pour eux, à la lisière du cyclone : « ce que j’ai ressenti », « comment je vis avant et après », « ce que je pense de moi »… Avides amateurs de spectacle, passez votre chemin ! Ildi ! eldi évite (presque) toujours le c(h)œur des soucoupes volantes aliens. Leur théâtre opère derrière l’écran fantasmatique du cinéma – d’où une scénographie de studio (là où les récits s’élaborent et se répètent) délicatement éclairée par Ludovic Bouaud. Une proposition déceptive plus que décevante, qui attriste l’attente de divertissement autant qu’elle séduit l’attente poétique.
10 juillet 2018
OVNI(S)
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