19 mars 2019

 Part-Dieu, chant de gare

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« Part-Dieu, chant de gare » est inspiré d’une histoire vraie, celle d’un jeune garçon de seize ans et demi, que nous appellerons Theodore. Suite à la répression des manifestations de 2011 contre l’élection de Joseph Kabila en République démocratique du Congo, il est contraint de fuir sa ville et son pays avec son frère, puis son continent avec un inconnu pour se retrouver seul, un jour de juillet, en gare de Lyon-Part-Dieu. La pièce nous raconte l’extraordinaire de la banalité de notre quotidien. Elle est une traversée épique du héros de notre temps et nous rappelle que le combat le plus anodin et pourtant le plus essentiel est celui d’exister aux yeux du monde en tant qu’individu ; que se nourrir, se loger et s’éduquer, que travailler, c’est encore aujourd’hui un luxe et non un droit, et que du plus petit combat se déterminent notre rapport au monde et ce que nous en attendons. Ce spectacle est né dans le cadre du festival En Acte(s) en mars 2017. C’est une forme sensible et ludique : quatre comédiens dans une parole collective, tous Théodore pour un instant, transforment le plateau et dialoguent entre scène et salle, entre choralité et situations instantanées. « Part-Dieu, chant de gare » s’inscrit dans la continuité d’une réflexion menée depuis plusieurs projets au sein de la compagnie Le Grand Nulle Part autour de faits de société et en lien direct avec l’actualité. Chaque création est le résultat mouvant des discussions, des débats qui construisent, fragilisent aussi, une société dont nous savons que nous sommes partie prenante. Nous voulons faire du plateau et du dialogue entre scène et salle le lieu de résonance de nos questionnements, voire de nos inquiétudes, de nos recherches également. Nous avons le désir de traiter ces interrogations à travers la fiction pour en déstabiliser l’ordre réaliste. Avec la violence dont s’imprègne chaque relation, qu’elle soit personnelle ou sociétale, mais aussi avec l’humour et la dérision qu’elle peut entraîner. Nous croyons fortement que la fiction est la possibilité d’un langage commun, celui du sensible et des questionnements, du rêve également.

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