25 janvier 2019

Yes Godot

Yes Godot
Amas Abdul Samad

Objet scénique difficilement descriptible, la performance du metteur en scène irakien Anas Abdul Samad se risque à une rencontre avec le public français et les normes de son théâtre. Difficile dans nos terres de jeter des œufs crus dans les rangs ou de balancer des lapins par les oreilles à l’autre bout du plateau sans déclencher les foudres. C’est donc une version policée qui se joue ici, et il semble palpable que la violence contenue de la tension dramatique des interprètes cherche à s’exprimer à travers de nouvelles brèches. De Beckett, il reste l’attente que nous partageons au cœur d’une ville en carton détruite par la guerre et des photos du poète, qui peu à peu envahissent Bagdad. Le plateau en chantier évolue en image ruiniste qui semble ne devoir son salut potentiel qu’à la foi dans l’absurde, la force des pensées de l’écrivain et à Godot, qui finira par arriver.

Marie Sorbier

Marie Sorbier

Fondatrice et rédactrice en chef de I/O.
Critique et journaliste sur France Culture.

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