Du noir primordial, la horde fait advenir un feu. La flamme vacillante prend progressivement confiance et devient à la fois le point focal et la vergence du spectacle. Le modelé pictural des apparitions créé par la chorégraphe Nicole Seiler est à apprécier en corrélation intime avec le travail incroyablement précis du son (agencé avec maestria par Stéphane Vecchione), qui, par sa seule présence, transforme cette proposition en pèlerinage orphique. Les sept danseurs tentent d’apprivoiser l’espace, arène circulaire vierge de toute trace, comme si jamais explorée avant, sans pourtant exposer une volonté de conquête. Il semble plus pertinent d’imaginer les interactions de ces corps colorés comme une inclination au collectif. Ensemble, il sera possible de bâtir une civilisation ou une idée ; grâce à l’investissement de chacun et à la mise en commun des forces, c’est bien à la naissance d’une communauté nouvelle que nous assistons. Maladroite, branlante, brouillonne mais animée d’une aspiration. Et c’est grâce aux souffles et aux cris qui eux aussi ne cessent de chercher à se mêler que la partition scénique prend forme. Quand les mots font défaut, les râles aboutissent aux chants, et un nouveau mode de communication s’élabore. Car si le spectacle peine à trouver son rythme et souffre de laps de temps distendus, il est manifeste, quand on regarde ces corps évoluer en symbiose, que des expressions uniques peuvent créer un unisson sans dissoudre leurs singularités. Qu’il est appréciable aussi de permettre à un public de projeter son imaginaire sans cloison, de le laisser divaguer dans cette succession d’images qui offrent pléthore d’interprétations ; comme les danseurs, nous errons, un peu perdus parfois, sans grandes émotions qui nous traversent mais sans guide pour nous manipuler l’esprit. L’expérience de la liberté que vit alors le spectateur en regard de celle qu’exprime le danseur est inconfortable mais à plébisciter.
Décidément, le festival d’Avignon 2025 a le mal de père. Et c’est le metteur en scène palestinien Bashar Murkus, directeur du théâtre de Haifa, programmé seulement trois fois en fin d’édition, qui met à jour, avec son spectacle « Yes Daddy », un fil cohérent de cette édition. A l’heure où le
Soudain, six Suisses en tenues traditionnelles sont dans un chalet. Un monte-charge s’ouvre régulièrement pour apporter La Joconde ou des biscottes, tandis qu’un néon lynchéen grésille sous les poutres. Comme toujours chez le metteur en scène suisse-allemand, tout pourrait se résumer à une devinette pour laquelle l’auditoire attend, un sourire
Trois femmes puissantes. Ça sonne comme un titre de livre à succès, mais le spectacle que propose le chorégraphe libanais n’a rien du page-turner. Les projecteurs braqués sur le public éblouissent alors que tous les spectateurs cherchent encore leur place ; les yeux cramés par trop de lumière, il sera
Peut-on danser sur les chansons de Brel ? Petits bijoux d’écriture, ces paroles, pensées pour être interprétées plein de sueur et de conviction, ont une place de choix dans le panthéon des amateurs de chanson à texte. Récits condensés d’images percutantes, ces courts-circuits efficaces s’inscrivent, par cœur, dans la mémoire collective
C’était pourtant un sujet alléchant. Que le théâtre s’empare du mystère des miracles et interroge ceux qui y croient – et ceux qui n’y croient pas – est une matière à spectacle qui promet. Le miracle, par essence indicible, serait-il plus tangible sur un plateau ? Pour le faire advenir, Samuel