15 avril 2020

Pangolin 1, Fourmis 0

Phase IV

Attention à la petite bête qui pourrait manger la grosse : en 1974, Saul Bass, designer graphique, auteur des génériques d’Hitchock et de Preminger, réalise « Phase IV », parabole SF éco-ésotérique, low-tech et fourmi-friendly, sur des insectes bien décidés à en finir avec l’humanité. Pas d’effets spéciaux, des plans macroscopiques et un certain sens géométrique de la composition des plans : si on fait abstraction de son parfum suranné (celui de tout film de SF évoquant un futur déjà révolu),  « Phase IV » finit par se laisser regarder, moins pour son thème animalo-apocalyptique que pour l’originalité de certains plans, filmés à hauteur d’insecte. La sécheresse du désert de l’Arizona, l’intensité préoccupée des chercheurs-sauveurs, tentant de communiquer par ondes électromagnétiques avec les fourmis, l’entêtante musique électro-synthétique, les gros plans sur fourmis et le liquide gluant verdâtre qui fait splash partout finissent par donner au film un charme anachronique, entre « Microcosmos » et « 2001 ».

Mariane de Douhet

Mariane de Douhet

Enseignante en philosophie au lycée, collaboratrice pour différents médias.

I/O n°117

IO n°117

PODCAST

Offre de stage

ANNONCE

À LIRE

CND
Théâtre public

FACEBOOK

Derniers articles de Mariane de Douhet

Dunkerquiser le cirque

FANFARE (Experience) ÉLECTRIQUE fait au cirque ce que Dunkerque fait au carnaval : répandre, dans les formes établies, une énergie poiscailleuse et burlesque, franc-tireuse et braillarde, lacérant tous les numéros classiques du cirque (trapèze, monocycle, diabolo etc.) d’une bosse grosse dose d’unheimliche. C’est beau, bizarre et extrêmement joyeux. La troupe
25 mars 2026

L’évanescence des cailloux

Spectacle-haiku, inspiré d’un conte des frères Grimm, 3 plumes repose sur une épure : du vide, des plumes, des tentatives. Un petit garçon, Marcello, à la présence lunaire et silencieuse tente de retrouver ses chaussures qui se sont fait la malle ; de traverser un ruisseau, sur des cailloux en
4 mars 2026

Oliver Twerk

Entre l’expressionnisme tendre de Charlie Chaplin et les grimaces au grand angle de Caro et Jeunet, il y a un univers commun, burlesque, noir et humain qu’il me tarde de faire découvrir à mon assistante critique de 5 ans. Intuition que cette mise en scène très broadway d’Oliver Twist, ambiance
3 mars 2026

Démonstration de misosophie

Voici un spectacle qui déteste la pensée, qui s’en moque, qui alimente exactement ce qu’il prétend dénoncer : soit le mépris (par les médias, télé en tête) d’une parole réfléchie, complexe, « philosophique », qui prend le temps de son développement. Une philosophe contemporaine – incarnée ce soir-là par Emmanuelle Béart, jouant
4 février 2026

PanOPERAma

Cela fait plusieurs semaines que ma jeune spectatrice vocalise, s’essaie aux pulsations sur deux octaves de la Reine de la nuit. Je m’engouffre dans la brèche de cet intérêt naissant pour l’opéra et cherche un spectacle qui l’initierait avec fantaisie à l’art lyrique. Ca tombe bien, il existe, mené
3 février 2026