20 octobre 2020

Vogue la galère

Excelsior
Salvo Lombardo
(c) Carolina Farina

Dans une volonté, il semblerait, ironique, Salvo Lombardo réécrit un ballet de 1881 à la gloire de la bourgeoisie italienne de l’époque et se demande ce qu’il reste de l’Europe une fois défaite de ses colonies et de sa prétendue supériorité culturelle. Malgré un postulat de départ prometteur, « Excelsior » s’enlise très vite dans une sorte de private joke réservée aux initié·es du ballet originel qui, peut-être, profiteront du message que le spectacle cherche à faire passer. Le commun des mortels qui, lui, n’aura pas reconnu la reprise du quadrille d’origine perdue en plein milieu par dix interprètes choisi·es au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, se contentera d’attendre poliment que l’heure s’écoule, le regard morne. C’est hideux, mais le spectateur persévérant sera récompensé par un écran projetant des gros plans de Niki Minaj en plein twerk et par la nudité finale des interprètes, marronnier de la danse contemporaine quand elle n’a plus d’idée mais qu’il reste encore un peu de temps.

Audrey Santacroce

Audrey Santacroce

Rédactrice culturelle.

I/O n°117

IO n°117

PODCAST

Prochaine émission : 18/05/2026

Offre de stage

ANNONCE

À LIRE

Théâtre public

FACEBOOK

Derniers articles de Audrey Santacroce

La tristesse devrait-elle durer toujours ?

Dans un spectacle qui mêle danse, théorie filmique et histoire d’amour avec autant d’intelligence que d’humour, Daphné Biiga Nwanak et Baudoin Woehl nous montre le pouvoir consolateur de l’art. C’est au détour d’une promenade sur Wikipédia que Daphné Biiga Nwanak et Baudoin Woehl découvre le nom de Maya Deren, réalisatrice,
5 mars 2024

Que la joie vienne

On connaît son travail, et pourtant on ne s’en lasse jamais. Après « Phèdre ! » et « Giselle… », François Gremaud met un point final à sa trilogie consacrée aux figures féminines mythiques de la scène avec « Carmen. ». C’est qu’on croyait bien la connaître, l’Andalouse qui fait chavirer les coeurs, tant on baille
3 novembre 2023

Play, pause, repeat

Parallèlement à « Rituel 5 : la mort » créé en tandem avec Louise Hémon, la metteuse en scène Emilie Rousset continue son travail d’exploration d’archives sonores en solo, qui convoque pêle-mêle Karajan, chef·fes d’Etat, Nina Hagen, et son propre fils. On a coutume de dire, en ricanant plus ou moins jaune
28 novembre 2022

François l’Enchanteur

On ne s’y attendait pas, et probablement que lui non plus. Il a fallu que la vie et ses aléas s’en mêlent pour que François Gremaud, jamais en reste quand il s’agit de prendre les chemins de traverse, rêve en quelques jours « Allegretto », le solo qui remplacera le spectacle initialement
16 octobre 2022

Marche ou crève

Avec sa nouvelle création qui se joue au Théâtre National de Chaillot jusqu’au 1er octobre, Oona Doherty et ses douze interprètes livrent un spectacle brûlant sur fond de fin d’un monde. Ils et elles sont aligné·es en fond de scène, au son du « Concerto numéro 2 en ut mineur » de
28 septembre 2022