8 juillet 2025

Ma serrure

Sous les paupières
Lou Chauvain
© Antoine Vincens de Tapol

Tenant autant du clip de Yelle que du poème de Brigitte Fontaine sur le château intérieur, « Sous les paupières » se détache de la vaste galerie des seules en scène qui ressaisissent et réassurent le vécu féminin. En ceci que sa dramaturgie n’est pas faite d’événements extérieurs, mais de multiples drames du corps qui paraissent moins s’exposer successivement que se déplier pulsionnellement, bravant ainsi leur silenciation cicatricielle. Ce solo très verbal mais en corps, ce théâtre qui vit dans les plis trahit parfois sa peur de l’espace du dehors dans lequel il se tient ; cette scène de théâtre pour laquelle il reconduit certaines plaisanteries fonctionnelles et quelques incarnations satiriques. Celles dont Lou Chauvain aurait pu radicalement se passer pour rester la spéléologue indomptable de sa grotte ; dans laquelle le spectacle nous permet tout de même bien d’entrer.

Pierre Lesquelen

Pierre Lesquelen

Maître de conférences en études théâtrales à l'université Rennes 2, dramaturge et enseignant de dramaturgie, chroniqueur au Masque & la Plume sur France Inter, rédacteur en chef de Détectives Sauvages, média dédié à la jeune création.

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