
« C’est une petite forme pour les adolescents et les jeunes adultes, un spectacle d’horreur à l’humour grinçant. » La présentation avait de quoi intriguer : une pièce commandée par le théâtre de Dijon à la marionnettiste norvégienne, Yngvild Aspeli, qui s’intéresse, depuis « Moby Dick » ou « La Maison de Poupée », à des personnages en prise avec quelque chose qui les dépasse, et sa proposition est à la hauteur des espérances. Avec « Trust me for a while », Aspeli frappe fort grâce au talent de son acteur-marionnettiste ventriloque Pedro Hermelin, à une immense maîtrise de la fiction et à son art de la manipulation. C’est une forme légère (trois paravents mobiles et une caisse de magicien) qui est aussi destinée à tourner dans des lieux non théâtraux, avec trois comédiennes et comédiens-marionnettistes, à peine sortis de l’ESNAM, l’artiste norvégienne interroge avec rapidité, véracité, et humour, tous les liens qui unissent l’homme et l’objet, le vrai et le faux, la voix et l’enregistrement, la marionnette et son manipulateur. Dans un concentré de tout ce que peut une marionnette, cette courte pièce nous délivre un message d’une fausse simplicité mais d’une vraie fraîcheur: une marionnette jalouse munie d’un couteau menace son maître, vite dépassée par la vie et l’intelligence de sa créature. Que l’on soit jeune ou un peu moins, on rit, on frissonne et on remet en question la place de l’Homme au centre du jeu.


