
Lunettes noires et costume full cuir à la Matrix, Zoé Lakhnati, en vigile un brin SF, attend que son oreillette imaginaire le lui confirme : le public est bien « stable », on peut introduire l’égérie virginale au plateau — alias la culturiste Claudia Atletica. Mais une fois son long châle bleu retiré, une fois les trophées et autres coupes sortis de sa valise olympique, on ne sait plus trop bien qui garde qui : les deux se portent et se soutiennent l’une l’autre dans un délicat exercice d’équilibre, au sol et en l’air. Et à l’exception d’un ou deux solos — athlétique pour l’une et chorégraphique pour l’autre —, les deux corps hétéroclites dansent à l’unisson avec une attention hallucinante … Sans que la dérision, discret fil rouge de Claudia the Virgin, ne disparaisse tout à fait : Lakhnati et Claudia Atletica s’amusent alors à renverser, voire à annuler les rapports de force (entre le garde et la star, entre la danseuse et l’athlète) dans une partition déroutante de finesse.





