
On est déjà familier, chez Anne Teresa de Keersmaeker parmi tant d’autres, de l’utilisation de la musique de Bach, et plus particulièrement des Suites pour violoncelle, comme exhausseur du mouvement qui advient sur scène. Ici, grâce à une hybridation technologique, c’est un peu l’inverse qui opère : chaque spectateur, muni d’un casque connecté aux micros placés sur une danseuse (Alice Duchesne), deviennent les prolongements sensibles de son écoute à elle. Programmé dans le cadre du festival Interférences à la Collection Lambert, Bach to 3D propose un autre rapport sensoriel à la musique, dont l’effet est démultiplié par un fascinant travail expérimental aussi bien sur le texte de Bach lui-même que le son de l’instrument. La Suite n°1, décomposée et recomposée par le trio de la compagnie Ultrasonore (mené par Soizic Lebrat), se métamorphose en une texture sonore nouvelle qui tient aussi bien du canon baroque que de la musique concrète.




