
La chorégraphe Sung Im Her met en spectacle, avec 1 Degree Celsius, des corps qui réagissent et résistent contre une crise climatique qui les oblige sans cesse à se réadapter.
Seule au plateau, Sung Im Her initie des mouvements discrets, retenus et fluets, marqués par un calibrage minutieux, une variation dans l’infiniment petit. Ses pas sont lourds mais silencieux : le corps glisse et esquive quelque chose qui lui arrive du dehors. Laissant la place à six danseurs, le plateau se transforme peu à peu sous la variation des lumières et de la partition qui disent un bouillonnement toujours plus insupportable.
Les corps des danseurs réagissent, s’entrechoquent, se rencontrent, s’adaptent. Les appuis sont sans cesse renégociés, les bustes ploient, se plient, se déploient sans jamais céder, comme une injonction à faire face à cette nature qui nous vient du dehors et que nous avons contribué, par la mécanique d’une production industrielle cadencée et effrénée, à dérégler. Manifeste sans sensationnalisme ni recherche d’effet, 1 Degree Celsius dit l’urgence à prendre sa part et à refonder les bases de la société pour vivre en symbiose avec la nature, sous peine de disparaître.



