
C’est un peu exagéré que d’opposer les spectacles jeune public qui enrichissent l’imaginaire à ceux qui inculquent des valeurs. Force est de constater néanmoins que Va falloir toujours toujours est plus proche de la seconde catégorie : nous sommes ici réunis pour apprendre qu’une famille parfaite, ça n’existe pas et que l’échec n’est pas rédhibitoire. Sans se mettre dans la tête d’un enfant, ce propos servi à toutes les sauces peut vite devenir pénible — comme si un spectacle se devait de combler des manques pédagogiques (de l’école, des parents, etc.).
N’empêche que le duo Christophe Garcia et Érika Tremblay-Roy mêle avec brio la danse et le théâtre, en proposant un parcours semé d’embûches à « deux danseurs professionnels » et « deux acteurs professionnels ». Mentions à la scénographie inventive de Sylvain Wavrant — une série d’îlots parfois suspendus et souvent en bordel, autour desquels le quatuor se démène — ainsi qu’aux lumières pop ludiques d’Andréanne Deschênes (rares sont les usages aussi pertinents d’un projecteur motorisé). Il en résulte un spectacle certes pétri de bons sentiments, mais qui ne verse pas dans l’enfilage de perles consensuel, bien au contraire. Aussi parce que le mélange caustique, volontiers méta, entre les deux disciplines est solide tout du long du parcours d’obstacles familiaux : en ce sens, Va falloir toujours toujours distille ses messages éducatifs non seulement avec une honorable recherche esthétique, mais aussi avec une vraie délicatesse dramaturgique.




