2 septembre 2026

Homère sous pure bolivienne

Odyssée, la conférence musicale
Jean-Baptiste Darosey | Julie Costanza | Stéphanie Gagneux
© Stéphane Parphot

Plutôt que d’aller voir l’Odyssée se faire charcuter à la moulinette clip de Nolan, j’ai, sur le même thème, emmené ma progéniture voir un spectacle qui réussit la double prouesse d’être un des meilleurs spectacles jeune public vus depuis longtemps ET une des meilleures adaptations d’Homère, précise et culottée, inventive et exigeante, tournant en dérision son propre didactisme, ludique et ébouriffante, renouvelant des figures et des images qu’on ne présente plus, s’adressant au second degré des enfants, à leur curiosité et à leur intelligence, tout cela à la fois. Merci. Ainsi de désopilantes trouvailles (des Ken démembrés pour le massacre des prétendants, un Hermès en drag-queen zozotante, une Pénélope dont la toile est devenue un gros pull d’hiver à tricoter), un rythme survolté qui sait ralentir, embarquer les enfants dans la torpeur des lotophages enivrés, et le rire qui, jamais, n’écrase la poésie, laquelle se fait une place dans ce spectacle notamment au travers des lumières. Porté par l’explosive vitalité de comédiens qui s’amusent, alternant une quinzaine de personnages, du vieux professeur de grec au Cyclope en passant par la préposée à la culture maniérée, ce spectacle, entre la conférence qui déraille et la comédie musicale d’excellente qualité, est une leçon d’audace et d’humour pour les enfants.

Mariane de Douhet

Mariane de Douhet

Enseignante en philosophie au lycée, collaboratrice pour différents médias.

I/O n°118

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