
Frollo extirpe une crotte de nez d’une chimère de Notre-Dame et la fourre dans sa bouche, beugle un c’est plein de protéines ponctué d’un gros rire gras. Tout est à l’avenant. Le sonneur de cloches et la bohémienne sont martyrisés dans cette mise en scène très patricksebastiengaze qui semble prendre les enfants pour de grossières créatures capables de réagir seulement aux gloussements, aux arrivées pétaradantes, aux blagues grasses et aux lumières fluo moches. L’histoire de Quasimodo est passée à la moulinette hurlante : les répliques sont gueulées, les chansons criées, le jeu heurté. Pourquoi tant d’hystérie, un dimanche matin à 11 h ? Le problème, c’est de provoquer l’attention des enfants en agitant une vieille chaussette qui pue et en comparant l’amour à une merguez alors qu’on pourrait le faire avec la splendide fantaisie gothique de Victor Hugo. Le texte du spectacle est émaillé de clins d’œil contemporains (comment tu t’appelles ? Rihanna ? ah non Esmeralda), de blagues lourdes sur les réunions syndicales pour faire rire les adultes, d’allusions pipi caca. Je jette un œil à ma spectatrice qui d’abord rit aux éclats, dont l’intérêt finit par s’essouffler devant tant de cris pour riens. L’énergie, aussi bouffonne que brouillonne, produit un spectacle chaotique dont les lumières télévisuelles font mal aux yeux.



