
Dans le spectacle porté par Marilou Aussilloux et cosigné avec Théo Askolovitch, Marilou et Maria (Schneider) se regardent à travers le temps, comme depuis les deux faces contiguës d’un miroir. La dramaturgie du « comme » permet alors un discours limpide et incontestable sur la réalité systémiquement violentée du métier d’actrice. Mais les nombreux réflexes démonstratifs du texte empêchent d’abord que la rencontre entre les deux femmes advienne dans le trouble recherché.
Le geste en train de se faire reste ici une intention textuelle, un cliché emprunté plus qu’investi de théâtre contemporain. C’est comme si le spectacle montrait deux visages antagonistes qui rendaient l’acte théâtral sans puissante conséquence : celui d’un théâtre apparemment performatif cherchant la connexion patiente entre Maria et Marilou, permettant la résonance vertigineuse des destins, rattrapé par le démon du discours analogique qui banalise en fait très vite la pertinence du rapprochement et de la comparaison édifiante des vécus.



