
Spectacle-haiku, inspiré d’un conte des frères Grimm, 3 plumes repose sur une épure : du vide, des plumes, des tentatives. Un petit garçon, Marcello, à la présence lunaire et silencieuse tente de retrouver ses chaussures qui se sont fait la malle ; de traverser un ruisseau, sur des cailloux en perpétuelle métamorphose ; de composer des piles avec ces derniers. Ce délicat spectacle, mené par la compagnie Le clan des songes, prolonge l’animisme spontané des enfants. Les plumes et les pierres sont dotés d’assez d’âme pour que Marcello en fasse ses compagnons singuliers. Ma jeune spectatrice s’esclaffe devant l’autonomie poétique des objets. La pile s’effondre à l’infini, l’escalier est impossible à monter, et Marcello a toujours l’air perplexe, cherchant le sens à donner à tout cela – ce cosmos élémentaire, et sa solitude au milieu. Un spectacle dans lequel les images sont bordées par du vide, tout en ellipses et en déséquilibres, qui a l’élégance de proposer au jeune public rien de moins que la poésie.



