
Démarche touchy que de chorégraphier ni plus ni moins que les gestes qui sauvent ; en l’occurrence, ceux des sauveteurs de l’Ocean Viking, dont l’asso SOS Méditerranée est décisive pour la survie de nombreux réfugiés. Et une chose est sûre, la chorégraphe Fiona Houez est d’une grande rectitude morale : l’interprète (Guillaume Hallier), pour l’occasion danseur, est lui-même marin sauveteur à bord dudit bateau. Aucune esthétisation gênante en vue, ouf : la grammaire du solo se réduit à un ensemble gestes bruts, que la scène de théâtre vide honore avec beaucoup d’intelligence — tendre une main, tourner à la recherche d’un bateau au loin, tirer une corde… Bien que soutenus par une bande-son (tristement) immersive, ils requièrent alors un décryptage permanent — d’autant que, belle idée de mise en scène, le plateau plongé dans l’obscurité et le brouillard est quasi tout le temps balayé par une lampe frontale sur le danseur… Alors la loupiote se met à danser ; alors la main surgit de la pénombre comme dans la nuit méditerranéenne. On regrette seulement au fond que M’aider soit si court : il s’arrête peu après que le vocabulaire chorégraphique soit introduit, et avant que le spectacle, suivi d’un bord plateau bienvenu, n’ait vraiment le temps de l’itérer, de l’enrichir, voire de l’hybrider.





