
Bang bang, solo à succès du canadien Manuel Roque , revient en version 2.0, à savoir avec une nouvelle paire de jambes athlétiquement au top (impossible autrement) pour une performance qui indifférencie presque danse et sport. Sur un beat minimal, le duo répète les mêmes pas avec un acharnement digne des grands sportifs : on dirait parfois qu’ils s’échauffent, sauf que l’échauffement devient le spectacle. Car le vocabulaire, s’il reste assez sec — parfois trop —, s’enrichit petit à petit : du bon sport certes, mais avec une énergie ludique, volontiers enfantine. Et des interludes absolument salvateurs, dramaturgiquement et politiquement : l’air classique qui supplante le beat monotone, les rires jubilatoires des danseurs qui s’amusent ou craquent… Au fond, l’intérêt de Bang bang réside surtout dans la distance que le spectacle prend avec son culte un peu premier degré de la performance ; car la fascination commune en danse pour des corps parfaitement opérationnels peut vite devenir suspecte… Se dépenser comme des fous cinquante minutes durant, c’est bien ; en rire, c’est mieux.





