Marie Sorbier

Marie Sorbier

Fondatrice et rédactrice en chef de I/O.
Critique et journaliste sur France Culture.

Marie Sorbier

Sur la question de la banalité du mal

17 mars 2016
« Vous savez bien que ce n’est pas encore la fin ; les choses peuvent tout de même toujours être encore plus graves. Et même la fin, on devrait être en mesure de la surmonter (c’est-à-dire pas forcément d’y survivre). » Voici ce qu’écrit la visionnaire Hannah Arendt en 1946 à son ami Gershom Scholem et ses mots résonnent sur la scène

L’élégance de la pintade

2 décembre 2019
« On ne peut pas vivre dans un monde où l’on croit que l’élégance exquise du plumage de la pintade est inutile. » Jean Giono dans son « Roi sans divertissement » sonde avec une acuité terrienne l’essence même de l’art. On pourrait en effet souscrire pleinement à cette distinction gratuite et choisir de

Se mettre à table

11 novembre 2019
Si Yasmine Hugonnet engastrimythe avait choisi de nous rendre Dante, Julia Perazzini use de la même technique pour convier à souper son frère aîné, mort à huit mois bien avant sa naissance à elle. C’est donc à une conversation vespérale entre souvenirs, regrets et confessions que nous assistons, happés par

Fin de règne

9 novembre 2019
Nous l’avons constaté sur les plateaux depuis quelques années, l’esthétique kitsch voire moche est une entrée possible dans le nerf d’une œuvre, une frontière que l’on érige volontairement pour forcer le spectateur à sortir de sa zone de confort. C’est une technique efficace pour peu que la pénibilité du moment

Escale en Vénitie

5 novembre 2019
Depuis les plaines d’Italie, après la traversée de versants tendres et verdoyants, le château de CastelBrando s’impose à la vue tel un vaisseau suspendu dans la nue. Tandis que s’éloignent les émotions serpentines de Venise et que les yeux s’habituent au port altier de ces nouveaux reliefs, calme et fraîcheur

Vigie de l’admirable

4 novembre 2019
Ils sont importants, les mots nouveaux ; ils affinent une pensée, la complexifient, lui ouvrent aussi parfois des paysages entiers à défricher. Dans son dernier ouvrage, « Curriculum », récemment paru chez Verdier, Paul Audi nous invite à saisir jouissivement la création grâce notamment à son concept-valise d’esth/éthique. Employant allègrement les mots de

La peur de son ombre

2 novembre 2019
Un spectacle qui se tisse autour d’histoires d’amour et de théâtre voilà qui à priori a tout pour séduire le petit milieu cultureux bobos, friand de références partagées et d’autodérision. Julien Mages en représentant de son époque – « naïf et glauque, ça augure bien le siècle » – livre

Schmürz

2 novembre 2019
Bien sûr les deux pièces choisies par Gian Manuel Rau se répondent par leur construction, leurs obsessions et leur goût de l’absurde, mais rien dans la dramaturgie ne permet de les lier au-delà de leur sens littéraire. Il est d’ailleurs délicat de déterminer les intentions de cette mise en scène

Décortiquer Duncan

2 novembre 2019
Jérôme Bel n’est pas un chorégraphe au sens admis du terme, comme il l’affirmait lui-même dans le très beau portrait composé avec Pichet Klunchun en 2005. En effet, il ne crée pas de mouvement, ne recherche pas le geste adéquat mais explore les efficaces de la danse en anéantissant les

Les Sans

24 octobre 2019
Adapter au théâtre Frantz Fanon, psychiatre révolutionnaire martiniquais, est promesse d’élan puissant, de verbes hauts et de poings levés. Tout commence dans une atmosphère joyeuse : pour la fête des Indépendances, « Monsieur » offre à boire à son peuple, tournée générale ! Mais près du comptoir de Tiibo va réapparaître Franck, son frère
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