Une trop bruyante solitude

Une trop bruyante solitude
Par

(c) Lise Levy

La presse broie et déchiquette indifféremment chaque mot, chaque ligne. Les auteurs passent à la moulinette de Hanta, esprit solitaire et égaré, qui nourrit sa lingua de l’encre qui découle des ouvrages. Unique représentant d’une race de penseurs bien étrange, Thierry Gibault amène le spectateur jusqu’aux limites du gouffre humain. Malaxant ces écrits, « toute langue est [devenue] pour lui comme la sienne aux autres, qui n’est comprise par personne ». Guimauve de papier et foutras d’éclairs de génie qui apparaissent et disparaissent instantanément sous la crasse de l’encre. Toute la richesse et l’inquiétude d’un monde, transparaissant sous une faible ampoule, et luttant contre le rugissement de la machine pour se faire entendre. Sublime.

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