« Cet avis de suicide est votre nécrologie », a écrit Bond à propos de 4.48 Psychose… Le terme « posthume » n’aura jamais été aussi saignant. Pièce maudite retrouvée après le suicide de Sarah Kane en 1999, on se souvient du doigt mortuaire qu’elle avait fait grincer sur la fenêtre du XXIe siècle. L’anxiété guette donc le metteur en scène de ce long soliloque version schizophrène : outre le pathos, plane le risque de mimer l’affliction, le désespoir, ou pire, la folie. Qui peut conter la maladie mentale ? « La phrase est par essence normale », nous rappelle Derrida. Heureusement, Jan Steen évite avec brio le fossé dans une mise en scène sobre et plein-feux, qui mise sur une double interprétation brillante. Le procédé, s’il n’est pas novateur, reste efficace et saisissant.

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