Mélancolie de l’étirement

Visitors
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Moment de grâce dans la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris à l’occasion du week-end Regards d’Amérique, Philipp Glass et Godfrey Reggio sont à nouveau réunis pour un sixième pas de deux entre musique et cinéma intitulé “Visitors”. Le compositeur phare du minimalisme américain, tout en restant fidèle à ses motifs (arpèges, balancement…) semble renoncer de plus en plus à la vitesse et au forte, comme gagné avec l’âge par une extase mélancolique. Le temps s’étire de plus en plus et le réalisateur qui l’accompagne depuis Koyaanisqatsi traduit cette énergie à l’écran par des plans noirs et blancs contemplatifs dont le rythme semble en perpétuelle contradiction (usage d’intervallomètre sur travellings ultra lents) procurant un sentiment doux-amère d’éternité. Paysages et visages, nature et architecture, reflets ou vis à vis, tout nous interpelle sur le bref instant que nous passons à visiter ce monde et nous invite à nous affranchir de tout volonté d’appropriation pour embrasser l’émerveillement et l’harmonie.

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