Saga familiale sous prozac

Notre Faust
Par

(c) Christophe Raynaud de Lage

La fièvre des séries télé fait des jaloux. Après une première saison en 5 épisodes présentée en 2015, Robert Cantarella, son équipe d’auteurs et ses comédiens reviennent pour 4 nouveaux épisodes d’un Faust revisité à leur sauce. Du mythe originel ou de l’oeuvre de Goethe il ne subsiste pas grand chose si ce n’est un être insatisfait par son existence et un Méphisto avide de jouissances. Henri (Faust) se réveille aujourd’hui dans un lit d’hôpital, émasculé, victime d’une famille de sociopathes cupides et manipulateurs. On retrouve les codes du soap américain à la Dallas difficilement mêlés aux constantes d’un théâtre antique, tragédien et quelque peu poussiéreux. La mayonnaise fait des grumeaux. Les effets comiques en cascade se heurtent à la mollesse de l’action et à un jeu poussif peu convaincant. Les corps piétinent sur le plateau, en recherche de consistance. Confortablement installé au creux d’une intrigue illisible, le suspense promis fait place à l’ennui.

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