Il faut qu’on pense à la splendeur

I wish I was
Par

© Jean-Louis Fernandez

Ils disparaîtront trop vite dans la nuit. Ce road-trip théâtral sera leur premier et leur dernier concert. Quelques boulettes de papier d’aluminium, jetées sur une autoroute nordique, se souviendront de leurs jambons-beurre. Et nous bien sûr, très ému.e.s de leurs premières unissons. En attendant, les six comédien.ne.s (issu.e.s du TNS) font tout leur possible pour que « le laid devienne beau » (dixit une acolyte de Beyonce). Maëlle Dequiedt est loin d’être la première à déplacer l’acteur vers une discipline qu’il ignore (la musique ici), mais l’originalité de son spectacle est justement de ne pas faire de l’amateurisme un sujet mais une énergie très singulière, capable de brouiller la frontière des genres. Sa rhapsodie boiteuse et tonitruante nous emporterait totalement si la dramaturgie et la politique du spectacle étaient plus affirmées, et si la scénographie (peut-être mal proportionnée à salle du TCI) était moins appliquée. Les exploits musicaux très chaplinesques du groupe (emmené par Pauline Haudepin, toujours extraordinaire) seront sans doute renforcés avec le temps par la connivence plus sensible des six interprètes. Car la route de ceux qui veulent être est toujours plus longue, mais toujours plus capiteuse.

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