Zygel, Dessay et le naufrage de “L’Ecume des jours”

L'Ecume des jours
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Jean-François Zygel propose au Châtelet un cycle de spectacles musicaux adaptant des œuvres littéraires célèbres.

Ce samedi 20 février, la première en date, « L’Ecume des jours », promettait d’être casse-gueule, tant le roman est une chausse-trappe sur lequel plus d’un se sont cassé les dents (Gondry en tête, dans sa version cinématographique).

Côté ratage, on n’a pas été déçu : Zygel livre ici une proposition bâclée, un véritable non-sens artistique qui a dû remuer le cadavre de Vian dans sa tombe. Jugeons plutôt : les deux-tiers consacrés à une lecture soporifique du texte, effectuée non pas, passerait encore, par des comédiens, mais par le trio de chanteurs ; un maigre répertoire de Vian (3 ou 4 chansons) dont les interprètes n’avaient pas appris les paroles (voir Natalie Dessay tenir à la main une feuille de papier sur le devant de la scène du Châtelet, alors qu’elle n’avait en tout et pour tout que deux morceaux à connaître, restera un mémorable moment d’amateurisme grotesque) ; et le dit Zygel, entre deux interventions pianistiques doucereuses, se tourne vers le public en faisant semblant de lire un livre de poche qu’on imagine être « L’Ecume ». Voilà, voilà.

Seules à sauver du naufrage, les interventions d’un trio de jazzmen menés par le talentueux et avant-gardiste Médéric Collignon, dont on se demande ce qu’il est allé faire dans cette galère.

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