Requiem pour nos vieux

Les Résidents
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Comment nous occupons-nous de nos personnes âgées ? Que faire des vieux qui sont considérés comme pas dignes, pas montrables ? Qui décide de ce qu’est un vieux digne ? Le seul en scène d’Emmanuelle Hiron n’est pas facile mais nécessaire. Pas facile non pas parce qu’il est aride (bien au contraire, il ne l’est pas), mais parce qu’il nous met face à ce que nous refusons tous de voir : la déchéance du corps, la vieillesse de nos proches comme notre propre vieillesse. On a tendance à éluder la question par peur de devoir se confronter à un sujet largement tabou dans les sociétés occidentales.

Emmanuelle Hiron ne répond pas aux questions qu’elle pose mais donne des pistes de réflexion. Elle sort aussi les personnes âgées du silence en filmant plusieurs résidents d’un Ehpad et en se concentrant sur Mado, une belle vieille dame qu’on devine résignée à sa condition. Pas tire-larmes ni racoleuse, la pièce émeut pourtant. Mado, c’est notre grand-mère, notre mère, c’est nous. Emmanuelle Hiron est une jolie funambule qui marche en équilibre sur son fil sans jamais tomber dans le pathos.

Apprendre à accepter la mort comme faisant partie intégrante de la vie, voilà tout un programme. La comédienne, également auteure de son texte, aborde le droit à la mort comme le droit à la vie. L’humanité est rendue à ces vieux, nos vieux, si touchants dans les images lorsqu’ils dessinent ou travaillent leur psychomotricité avec le kinésithérapeute. Humanité, c’est le mot : « Les Résidents » est une pièce profondément humaine, à voir avec un mouchoir à portée de main.

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