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Dans le cadre de son partenariat avec le Théâtre de la Ville, le Centquatre ouvre ses portes au chorégraphe Emanuel Gat, qui a choisi pour l’occasion de lier une des premières créations de sa compagnie (“Sacre”, créée en 2004) à l’une de ses créations les plus récentes (“Gold”, créée en 2013). Plus que des reprises, ce sont ici des réécritures de ses anciennes pièces chorégraphiques que nous offre Emanuel Gat.

Le chorégraphe, arrivé à la danse sur le tard (il ne la découvre qu’à vingt-trois ans), n’est pas homme à se reposer sur ses lauriers. Creusant son sillon, il retravaille, remanie, afin de proposer des pièces toujours plus modernes. C’est peut-être ce qui déstabilise au premier abord devant “Gold”. Le spectateur, sur-stimulé, se perd quelque peu entre observation attentive des cinq danseurs et tentative d’écouter les extraits du documentaire radiophonique de Glenn Gould, “The Quiet in the Land”.

“Sacre”, au contraire, rompt avec l’intellectualisation de “Gold” pour revenir du côté de la sensation. Trois femmes et deux hommes y mêlent danse contemporaine et mouvements de salsa au son du “Sacre du printemps”. Les corps se cherchent, se poursuivent, se rattrapent, les partenaires s’échangent, laissant toujours une danseuse seule mais qu’importe, la solitude n’a jamais empêché quiconque de danser. De là à voir un pont entre religion et sensualité, il n’y a qu’un pas. En travaillant le motif du rite, qu’il soit chrétien dans “Gold” ou païen dans “Sacre”, Emanuel Gat réaffirme la place du sacré dans notre société.

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