La philosophie enseignée à ma chouette

La philosophie enseignée à ma chouette
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C’est avec un humour volubile qu’Yves Cusset claudique – telle est la vertu du philosophe, d’après Merleau-Ponty, sans cesse un pied dans le réel, un pied en dehors –  convoquant les grands boiteux et leurs questions à travers un second degré souvent drôle. Si Socrate avait remplacé Desproges par Platon, ça donnerait quelque chose comme ce spectacle, une forme hybride dans laquelle penser et rire s’envisagent comme deux modalités par lesquelles l’attention au monde se trouve intensifiée. Cusset et sa chouette rejouent à merveille les rictus professoraux – commissures sceptiques, débordements sensibles immédiatement réprimés – tournent en dérision l’esprit de sérieux de certains philosophes, font du rire le premier pas d’une disposition à la joie. L’exercice abuse un peu du calembour, mais il reste plaisant de voir le logos devenir fougueux.

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